130 livres

130 livres

Littérature, boxe anglaise et parfois les deux à la fois

Antoine Faure

Des chroniques de livres nouveaux ou anciens, essentiellement en littérature française ou américaine, et des émissions sur l'actualité et l'Histoire de la boxe anglaise. NB : les sujets sur la boxe sont regroupés en Saison 1, les sujets "Divers" en Saison 2. Textes disponibles sur www.130livres.com

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Solénoïde, Mircea Cartarescu

Sans doute faut-il un sens de l’humour bien particulier pour fonder la narration d’un roman aussi monstrueusement réussi que Solénoïde sur la voix d’un protagoniste dont la principale décision prise en 971 pages aura consisté à cesser d’écrire de la fiction. Ce personnage jamais nommé, professeur trentenaire dans le Bucarest des années 80 qui garde les cheveux longs en souvenir du temps où il aurait pu devenir écrivain, veut désormais éprouver par les mots les limites de l’expérience humaine, celle qui consiste en particulier à être un corps avec l’infinité des implications en jeu. Le roman s’ouvre ainsi sur une scène de bain puis de shampooing anti-poux – l’homme en attrape constamment par le truchement de ses élèves – détaillées à l’extrême. Pour lui, tout est organique, y compris l’écriture...

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Pour une bonne saison et des images Panini

C’est l’histoire d’un garçon qui aurait dû supporter le PSG. Déjà, il est né à Saint-Germain-en-Laye, et puis son voisin va en classe avec le fils d’un des joueurs, Mustapha Dahleb, qui a pas mal de ballon. D’ailleurs la première saison où il s’intéresse au foot, celle d’après la Coupe du Monde 1982, le PSG est très fort, 3e de 1ère Division et vainqueur de la Coupe.

Seulement voilà, c’est Saint-Germain mais c’est surtout Paris, et Paris, même à une poignée de stations via le RER A, il n’y va pas souvent. Et puis son grand frère supporte Saint-Étienne : il a entendu des dizaines de fois raconter Split, Kiev, Liverpool et les poteaux carrés, ce dont il a surtout retenu qu’on pouvait aimer un club dont on n’a qu’une vague idée de la localisation précise...

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Inoue vs Nakatani : la guerre des feintes a bien eu lieu

À son niveau le plus élevé, lorsque se défient deux adversaires maîtres de leur art dont chacun donne à l’autre des raisons légitimes de le respecter, la boxe est une affaire de feintes. Pour ce qui fut peut-être la plus belle affiche dans la riche histoire de la boxe japonaise, Naoya Inoue et Junto Nakatani ont offert ce samedi aux 55000 spectateurs du Tokyo Dome un sublime exemple de ces batailles de feintes...

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Mes Petites morts, Frédéric Roux

On avait quitté Frédéric Roux en janvier dernier avec la parution de Desiree, opuscule nécessaire et courageux dans lequel il était question de celle par qui le scandale arriva voici bientôt 40 ans : la (très) jeune candidate au concours de Miss Black America dont le viol en 1991 causa la condamnation de Mike Tyson, alors vedette planétaire, à une (courte) période d’incarcération. En librairie depuis hier, Mes Petites morts confirme l’actuel intérêt de l’auteur pour les formats courts. Il y est cette fois question d’une collection de nouvelles dont le titre indique combien elles sont personnelles à l’auteur, sans bien savoir a priori s’il s’agit de renoncements, de points finaux ou de somnolences post-orgasmiques. Le cheminement sera tortueux et la satisfaction finale du lecteur proche de ce dernier cas de figure.

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Les Impardonnables, Cristina Campo

Décédée en 1977 à l’âge de 53 ans, Cristina Campo, originaire de Bologne, publia peu de ses écrits mais traduisit beaucoup ses écrivains « impardonnables », soit les auteurs français, allemands ou anglo-saxons qu’elle révérait. On donna leur surnom au présent recueil, paru – comme l’essentiel de son œuvre – à titre posthume. Affligée d’une malformation cardiaque, celle qui naquit Vittoria Guerini fréquenta autant le monde hospitalier que les scènes littéraires florentine et romaine. Dans Les Impardonnables, l’autrice signe de texte en texte une « profession d’incrédulité en l’omnipotence du visible ». Autrement dit, Cristina Campo croit en la grâce, qu’il lui importe de déceler où qu’elle se trouve, mettant toute son exigence stylistique et son érudition supérieure au service de cette recherche de la transcendance...