Sans doute faut-il un sens de l’humour bien particulier pour fonder la narration d’un roman aussi monstrueusement réussi que Solénoïde sur la voix d’un protagoniste dont la principale décision prise en 971 pages aura consisté à cesser d’écrire de la fiction. Ce personnage jamais nommé, professeur trentenaire dans le Bucarest des années 80 qui garde les cheveux longs en souvenir du temps où il aurait pu devenir écrivain, veut désormais éprouver par les mots les limites de l’expérience humaine, celle qui consiste en particulier à être un corps avec l’infinité des implications en jeu. Le roman s’ouvre ainsi sur une scène de bain puis de shampooing anti-poux – l’homme en attrape constamment par le truchement de ses élèves – détaillées à l’extrême. Pour lui, tout est organique, y compris l’écriture...




